mercredi 25 janvier 2017

Chronique : Kurt

Merci à NetGalley et Plon pour leur confiance !

Kurt de Laurent-David Samama

Plon, coll. Miroir, 2017, 208 p.

Biographie

Et si Kurt Cobain s'était confié à son caméscope juste avant sa mort ? Le premier roman renseigné, inventif et sensible d'un enfant des années 90.

Et si Kurt Cobain s'était confié à son caméscope juste avant sa mort ?
1994. Kurt Cobain, le leader iconique de Nirvana, se détruit chaque jour un peu plus. Il a essayé, en vain, de voir des psys, mais il le sait : aucune thérapie ne pourra le sauver.
Dans ces années 90 ou la vidéo et la télé font les stars, Cobain, qui a compris la puissance de l'image et se rêve en artiste complet, décide de confier sa détresse et sa solitude à un caméscope.
De son mépris pour la chaîne eMptyTV à sa fascination pour l'immaculé, de sa lucidité sans faille sur la réalité américaine à sa nostalgie de l'innocence, des prémices du grunge au triomphe de Nevermind qui propulse Cobain et ses acolytes loin de la misère, de son addiction à l'héroïne à sa passion pour Courtney Love, Kurt livre tout.
Moments de mélancolie profonde, flambées proches du délire, incursions apaisées dans ses moments les plus tendres... L'icône grunge se découvre sous un jour inédit.

Je n'arriverai pas à parler de ce bouquin sans y lier mon ressenti et mon vécu personnel. Mon histoire avec le groupe.
Je suis une gosse des 90's. Alors, forcément, Nirvana a bercé mon adolescence. A retardement, mais quand même (ouais, parce que je vais seulement arriver au moment où y aura un 3 en premier chiffre de mon âge cette année) (et bizarrement, j'étais peu réceptive au grunge à 6 ans). Et Nirvana berce maintenant ma fille parce qu'il n'y a pas de raison qu'elle n'ait aucune éducation musicale et qu'elle écoutera de la musique que je qualifierai de me*** bien assez tôt. Et parce que ça existe en berceuse, et que c'est classe, je vous donne le tuyau, ô jeunes parents / baby-sitters (ça existe aussi pour les Beatles, très réussi, et plein d'autres groupes cools).
Bref, pour en revenir à nos oignons, Kurt Cobain a évidemment été une idole de jeunesse aussi. En vieillissant, je trouve Dave Grohl vachement plus funky. La preuve :
L'année où je passais le bac, Last Days est sorti. J'écoutais moins Nirvana à 18 piges qu'à 14, bizarrement, mais il y avait toujours cette fascination autour du groupe. Je suis allée voir le film. Je n'avais pas été super emballée. Peut-être le côté non-officiel de la chose (pour ceux qui ne savent pas, c'est un film de Gus Van Sant retraçant les derniers jours d'une rock star. Qui ressemble à Kurt Cobain, dont l'entourage ressemble à celui de Kurt Cobain, qui avait tous les détails du monde pour qu'on sache de qui il voulait parler, mais pas une note de Nirvana dedans, ni de Kurt Cobain tout seul), ou le côté très contemplatif. Ou juste parce que j'avais pas envie d'imaginer Kurt dans cet état-là, parce que le suicide, la dépression, ce genre de choses, à 18 piges, ça te semble étrange.
Bref, j'avais peur-peur-peur de lire ce livre. Je flippais que ça salisse mon adolescence, et toute la nostalgie qu'il y a quand je me mets un vinyle du groupe ou simplement quand j'entends un ado boutonneux jouer les accords de Come As You Are (rien de glorieux, même moi je sais le faire, et j'ai touché à une guitare 4 fois dans ma vie).
J'avais peur parce que c'est une biographie à la première personne, parce qu'on sait déjà comment ça finit, parce que c'est facile de faire dire ce qu'on veut à quelqu'un qui est mort depuis bien longtemps. De quelqu'un qui n'est plus tout à fait quelqu'un, parce qu'il a touché au génie et qu'il est devenu mythique (je suis d'ailleurs pas sûre que ça lui plairait).
Bon, je vous rassure tout de suite, l'auteur ne tombe pas dans ce travers. Le tout est cohérent, on reconnaît l'esprit du chanteur, ou du moins, ce qu'on a envie d'y voir. Et on se rend vite compte que Laurent-David Samama a dû en éplucher des interviews, en passer des heures sur YouTube à retrouver les moindres passages télé.
Ici, Kurt Cobain est loin d'être idéalisé. Il est livré avec ses défauts, ses manies. Son intransigeance, son côté irresponsable parfois, perfectionniste souvent, livré avec la drogue, les drogues, la dépression, la colère, le ras-le-bol, le dégoût, la musique... Ses idées bien arrêtées, et son ambivalence, en même temps.
Vous n'y trouverez pas de grandes révélations, mais, je crois, des choses qu'il aurait pu dire (certaines qu'il a d'ailleurs probablement dites). Une critique de la société telle qu'il la voyait, un peu à la Chuck Palahniuk.
On retrouve tout, mais ce n'est pas voyeuriste. Les autres membre du groupe et l'insouciance qu'il semble leur envier, Courtney Love et leur amour, leur mariage, mais l'éloignement malgré tout. Sa fille, ce sentiment à la fois merveilleux et flippant de la paternité. Et bien sûr, surtout, l'argent, la machinerie musicale, les agents, les maisons de disques, la presse et par-dessus tout, MTV. Tout ce qu'il abhorre.
Bref, j'ai adoré lire ce livre, autant pour son contenu et les réflexions décousues de Kurt que pour ce qu'il a provoqué chez moi de nostalgie (et de larme à l’œil, diantre !).
Evidemment, je l'ai écouté avec la BO appropriée : de Bleach à In Utero. En passant par le merveilleux Unplugged (mieux pour la sieste de bébé) et quelques enregistrements pirates inaudibles, téléchargés à l'époque et que j'ai encore sur CD. Si vous aimez Nirvana, lisez-le. Si vous avez aimé Nirvana, lisez-le, vous aurez envie de réécouter. 
Au passage, ce livre m'a d'ailleurs donné bien envie de découvrir d'autres ouvrages de la collection.
  • Crédibilité +++
  • Des moments qui font sourire
  • La nostalgie qui arrive très rapidement

  • La fin, évidemment

8 commentaires:

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    1. J'ai beaucoup aimé pour ma part, alors je ne peux que t'encourager !

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  2. Oh ça donne beaucoup envie de lire même si j'arrive au chiffre 3 dans seulement 4 ans j'ai été quand même bercé par Nirvana ;-)
    Merci de ta chronique !
    Bonne journée !

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    1. Je pense que tous les ados de la décennie suivante l'ont été... Je ne sais pas si c'est encore tellement le cas maintenant.
      Mais ça aura un bon goût de nostalgie, en tout cas !

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  3. Tu me donnes envie de tenter. Je suis une grande fan de Nirvana, (moi je vais bientôt arriver à l^'âge oû le premier chiffre est un 4 lol). Et bien évidemment Kurt Cobain et moi c'est une grande histoire d'amour.
    ton avis m'a donné envie de le lire^.

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    1. J'espère que tu le feras alors, j'ai beaucoup aimé de mon côté !

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  4. Ça me donne bien envie de le tenter !

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    1. N'hésite pas, et tiens moi au courant si tu essaies !

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