samedi 19 août 2017

Les derniers jours de Rabbit Hayes

Les derniers jours de Rabbit Hayes d'Anna McPartlin

France Loisirs, 2016, 464 p.

Traduit par Valérie Le Plouhinec

Contemporaine, Drame

Quand Mia, que l’on surnomme affectueusement Rabbit, entre en maison de repos, elle n’a plus que neuf jours à vivre, même si elle refuse de l’accepter, tout comme ses proches qui assistent, impuissants, au déclin de leur fille, sœur, mère ou amie. Tous sont présents à ses côtés pour la soutenir : Jack et Molly, ses parents, incapables de dire adieu à leur enfant ; Davey et Grace, son frère et sa sœur, qui la considèrent toujours comme la petite dernière de la famille ; Marjorie, sa meilleure amie et confidente ; et enfin Juliet, sa fille de 12 ans, qu’elle élève seule. À mesure que les jours passent et que l’espoir de sauver Rabbit s’amenuise, sa famille et ses amis sont amenés à s’interroger sur leur vie et la manière dont ils vont se construire sans cette femme qui leur a tant apporté. Rabbit est au cœur de ce petit groupe et des préoccupations de chacun de ses membres. Si elle a perdu la bataille, celle-ci ne fait que commencer pour son entourage. Et Rabbit a quelques idées bien particulières pour leur faciliter la tâche. Mais très peu de temps pour les mettre en œuvre...

Pour réussir à  ne pas avoir entendu parler de ce livre sur la blogo, il aurait fallu être un ninja. Pas de suspense inutile, pour une fois, je l'admets, je suis tout à fait d'accord avec les critiques hyper enthousiastes. Ce livre a été un coup de cœur incroyable. Le genre qu'on referme en soupirant, avec des larmes plein les yeux, mais en même temps un petit sourire un poil triste. Le genre qui marque, voyez ?
J'annonce une première chose : parler de ce livre de façon objective et relativement sensée va m'être très difficile. Je commence donc par vous renvoyer à quelques chroniques de copines qui ont visiblement réussi à ne pas se faire transformer le cerveau en bouillie infâme et ont davantage de vocabulaire que "humpf, oooooh, bouhouhouhou, grmbl". 
Cette intro est désespérément longue, mais je n'ai pas envie de commencer à en parler, parce qu'après, j'aurai fini d'en parler. 
Mia "Rabbit" Hayes va mourir. Voilà, c'est dit. C'est une question de jours. Elle s'est pourtant battue comme une forcenée contre cette maladie injuste, elle a bien cru qu'elle allait gagner. Mais non. Elle va mourir. 
Malgré tout, elle a de la chance. Elle est hyper entourée. Sa famille, ses amis, tous espèrent encore, au point de traîner la patte pour lui rendre visite parce qu'il n'est pas question de dire adieu. Mais tous sont bien présents. 
Une mère qui a décidé de se battre pour deux puisque sa fille n'en a plus la force, un père qui refuse l'inéluctable : comment son bébé pourrait-il mourir ? Un frère en vrac, qui lâche tout pour rejoindre sa sœur adorée puisque ça y est, c'est la fin. Une sœur qui essaie de tout mener de front, des neveux qui comprennent bien mais sont un peu perdus. Et une fille. Une enfant à qui l'on parle assez peu de la suite des évènements, une enfant qui comprend malgré tout.
Mais avant de devenir une carcasse en proie à une souffrance permanente, Rabbit a été une femme pétillante et pleine de vie et d'optimisme. Alors, son idée, avant que tout ne s'arrête, c'est d'aider ceux qui l'aiment à la laisser partir. 
 
Pas si simple quand on a seulement envie de fuir la douleur, de se réfugier dans les souvenirs, de dormir.
C'est d'abord à travers ces souvenirs que l'on va s'attacher à Rabbit. Avec elle, nous allons découvrir sa toute jeune adolescence et la voir grandir, à travers le filtre de l'homme qui a compté le plus pour elle, son grand amour de toujours : Johnny. 
Et c'est extrêmement bien fait. On découvre l'histoire de Rabbit, on la retrouve mourante dans son lit d'hôpital, mais jamais la plume de l'autrice ne sombre dans le pathos. Et surtout, les passages concernant le présent de narration ne s'attardent pas tant sur Rabbit que sur sa famille, ses proches et la façon dont ils vivent sa maladie, dont ils appréhendent (dans tous les sens du terme) la fin de sa vie. On la voit, on apprend à la connaître dans tous les flash-backs, comme si elle était déjà partie.
Tous les personnages sont fins, subtils, aucun n'est là juste parce qu'il fallait bien mettre un clampin de personnage secondaire quelque part. L'autrice réussit le tour de force de leur donner à chacun une voix, des motivations, des traits de caractère qui leur sont propres. Tous sont attachants. Du coup, vous imaginez bien que non seulement le départ de Rabbit va nous toucher puisqu'on y est attaché, mais on va également souffrir par empathie pour tous ces personnages. Combo d'émotions. 
Évidemment vu le thème, on va énormément parler du deuil, de la préparation de celui-ci, de déni, d'acceptation, de comment dire au revoir. Tout est traité avec une délicatesse infinie. Et de la tendresse, surtout. Et puis, merci l'autrice, c'est également plein d'humour. De l'humour noir avec les répliques de Rabbit concernant sa maladie, de l'humour dans sa façon d'appréhender les choses, de l'humour dans les flash-backs, dans les situations, dans les conversations.
Et j'ai pleuré. Avec des vraies larmes. Parce que c'était magnifique, sans pathos, sans drama, que ça sonnait tellement juste, et que je ne voulais pas que ce livre s'arrête puisque construit comme un compte à rebours avant la mort de Rabbit, cela voudrait dire que ça y était, elle n'était plus là.
Voilà. Je ne sais pas vraiment quoi dire de plus pour vous donner envie de le lire. Par contre, je peux vous donner un conseil : si vous faites vous-même le deuil de quelqu'un, ce livre risque de vous bouleverser encore plus, évidemment, mais il pourrait aussi bien vous aider un peu.

  • Tous les personnages
  • Une plume touchante, tendre et qui sonne juste
  • Des émotions en pagaille sans jamais aller jusqu'au pathos 
  • De l'humour malgré tout
  • À un moment, le livre se termine

11 commentaires:

  1. Ce livre me tente vraiment énormément ! Mais d'un côté, j'ai peur de le lire parce que j'ai peur que mon petit cœur de guimauve ne le supporte pas...

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    1. Je comprends, mais je pense qu'il porte un joli message d'espoir et que comme il ne tombe jamais dans le pathos, ton petit coeur devrait s'en remettre 😊

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  2. Je crois que je n'ai jamais autant pleurer lors d'une lecture... Ce livre est magnifique, tant par l'écriture de l'auteur que par tous les messages qu'il contient !

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  3. Bon, bon, bon: il faut que je le lise!

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  4. Je ne l'ai toujours pas lu. Pourtant, il me tente beaucoup mais je pense que j'ai une certaine crainte d'être déçue, sachant que j'ai mis la barre assez haute ... J'ai cette crainte de ne pas être touché comme il le faudrait. Un jour, je sais que je me ferais mon avis mais reste à savoir quand.

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  5. C'est typiquement le genre de livre que je sais que je vais adorer un truc de fifou mais en même temps leur thème est tellement lourd que j'arrive pas à le lire. Du coup je sais pas, peut être un jour.
    En tous cas, c'est vraiment chouette de lire à quel point il t'a plu =)

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  6. J'adore ton "Les - " À un moment le livre se termine. Je te comprends tellement, on voudrait que le livre ne s'arrête jamais..
    En tout cas, tu me donnes carrément envie de le lire! Je file noter le titre dans ma WL!

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