mardi 27 février 2018

La part des ombres, tome 1


La part des ombres de Gabriel Katz

Scrineo, 2016, 317 p.

Fantasy


La Goranie était jadis une terre de conquérants, elle n'est plus aujourd'hui qu'un pays occupé, avec à sa tête un roi fantoche. Dix ans déjà que les Traceurs, peuple guerrier descendu des montagnes pour "pacifier" le pays, règnent en maîtres sur le royaume. Discipline, terreur, corruption, tout semble fonctionner sans le moindre accroc jusqu'au jour où tout bascule. Une noce qui tourne au drame, un massacre tenu secret... et un homme qui se dit revenu d'entre les morts, pour lever le peuple contre l'occupant. On l'appelle le Fantôme, et pour animer la lame de fond qui renversera le régime, il a besoin de combattants – des mercenaires de haut niveau, capables d'encadrer, de former, et d'affronter les terribles guerriers de la Trace. C'est ainsi qu'entrent en scène trois personnages venus des quatre coins du monde (et surtout des autres séries de Gabriel Katz) : une maîtresse de guerre, un gladiateur de haute volée et... un beau gosse qui ne sait pas très bien comment il s'est fait entraîner là-dedans.


Je commence à avoir une certaine idée de la plume de Gabriel Katz, puisque c'est le 4ème roman de l'auteur que je lis en moins de deux ans. Et une chose est sûre, je vais continuer sur ma lancée ! 
L'univers est toujours sombre, violent, et pas-pour-les-enfants. Normal, c'est le même que dans Le puits des mémoires, La maîtresse de guerre et Aeternia. Et si vous commencez par cette toute nouvelle série (vous pouvez, j'avais demandé à l'auteur si ce n'était pas trop spoilant) (le tome 2 arrive tout bientôt, et je suis joie), vous risquez d'avoir envie de découvrir les autres. Surtout que cette fois, l'auteur se permet une surprise supplémentaire : certains des personnages des séries précédentes reviennent. Et croyez-moi, ils ne sont pas contents-contents. Ça va saigner.

lundi 26 février 2018

C'est Lundi, que lisez-vous ? #92

Comme chacun sait, je pense, on retrouve tous les liens chez Galleane qui a repris ce RDV d'un blog anglophone.


On répond comme chaque Lundi à trois petites questions :

1. Qu'ai-je lu la semaine passée ? 



Au petit bonheur la chance ! d'Aurélie Valognes était plutôt choupinet. Tendre, avec de l'humour mais aussi des réflexions un peu plus profondes sur la parentalité. Bref, j'ai plutôt bien aimé.
Les nouvelles courtisanes de Nadia Le Brun, un témoignage-essai concernant les étudiantes qui vendent leur corps et leur temps à des hommes bien plus âgés. Très instructif, même s'il m'a manqué un peu plus d'analyse pour avoir vraiment l'impression de comprendre ce phénomène.

2. Que suis-je en train de lire en ce moment ?

 

Couleurs de l'incendie de Pierre Lemaître (sans avoir lu Au revoir là-haut, parce que j'ai le goût du risque) me plaît énormément ! Je l'ai presque fini, et c'est un plaisir ! Je pense qu'on va frôler le coup de coeur, si ça n'en est pas carrément un !
Coupez ! de Cameron McCabe est assez déstabilisant. Je suis très contente de le découvrir parce qu'il a quelque chose de vraiment original, mais je ne saurais dire s'il me plaît vraiment ou non.
La fille du roi des marais de Karen Dionne m'emballe tout particulièrement. C'est percutant, addictif, mais ça aborde aussi plein de thèmes intéressants. Bref, c'est un thriller très réussi pour le moment !
   

3. Que vais-je lire ensuite ?

Je n'ai toujours pas de réponse pour la LC prévue pour La quête d'Ewilan que j'annonce ici depuis genre un mois. Mais comme j'ai envie de le découvrir, tant pis, au pire, je le lirai en solo !
4. Blabla

Plein de nouvelles dans notre petite famille, en particulier sur le plan professionnel, vu qu'on a reçu des propositions d'évolution tous les deux. Pour ma part, c'est "juste" une augmentation de temps de travail, mais ça fait plaisir parce que ce n'est pas le premier endroit où je bosse, mais c'est clairement celui où je me sens le mieux depuis que j'ai commencé à travailler pour de "vrai".
Aussi, je serai en vacances dès mercredi soir et je peux vous dire que j'attendais ces vacances avec une impatience non dissimulée. Votre humble servante se traîne douloureusement depuis des semaines, donc je pense qu'une bonne cure de sommeil ne me fera pas de mal.
Mais l'autre truc très cool de la semaine, ça a clairement été le Salon du Jeu à Cannes. Déjà, parce qu'on était entre copains et que c'est cool, mais parce que c'était fort chouette. Mais blindé de monde. J'aime pas trop la foule, sachez-le. En tout cas, je vous prépare un petit compte-rendu pour la fin de semaine, j'espère que ça vous plaira !

Et vous, vous avez lu / fait quoi ?

samedi 24 février 2018

L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage



L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage de Haruki Murakami

GF :Belfond, 2014, 368 p.

poche : 10/18, 2015, 354 p.

Traduit par Hélène Morita

Contemporaine


Ce roman de formation de type réaliste (les formes de réalisme magique ou de surréalisme de l'auteur y sont confinées aux récits et aux rêves) suit l'itinéraire de Tsukuru Tazaki, un homme qui veut comprendre pourquoi sa vie a déraillé seize ans plus tôt, et la redémarrer.

Dans le Nagoya du début des années 1990, le lycéen Tsukuru était un amateur de petits trains membre d'un groupe d'amis, trois garçons et deux filles inséparables dont les noms évoquaient une couleur en japonais ; tous sauf le sien, incolore. Mais à 20 ans, durant sa deuxième année d'université, il a été sans explication exclu du groupe un jour de 1995 ; plus tard, son seul ami de fac a disparu. Blessé, hanté par un sentiment de vide, il en gardera l'amère impression d'être anormal.

Dans le Tokyo de 20116, l'ingénieur Tazaki est un célibataire de 36 ans qui travaille à concevoir et rénover des gares pour une compagnie ferroviaire, et dont la nouvelle petite amie de deux ans son aînée travaille dans une agence de voyages. Quand il lui avoue son traumatisme, elle le convainc d'affronter son passé et lui localise ses ex-amis. Il entame alors un pèlerinage pour les confronter un à un, quête qui va le ramener dans sa ville natale puis l'envoyer à l'autre bout du monde.

En commençant cette chronique, deux questions me taraudent. Comment réussir à parler de ce livre qui me laisse encore un sentiment assez indéfinissable tout en lui rendant justice ? Mais surtout, pourquoi, pourquoi, POURQUOI n'ai-je jamais lu Murakami avant ?
Sérieusement, c'est typiquement le genre d'auteur qui a tout pour me plaire : un style propre à lui, assez recherché tout en restant très accessible, un univers qui oscille entre une émotion qui ressort de chacune de ses phrase et un côté onirique hyper présent. Tout pour me plaire, donc.
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage est un récit touchant, plein d'émotions, propice à l'introspection, parfois cru et surtout assez mélancolique. Tout en lenteur et en réflexions, il ne manque néanmoins pas de rythme, loin de là. 
Il y a énormément de thématiques abordées, tellement qu'on peut se demander où l'auteur nous emmène, où il veut qu'on le suive. Mais c'est tellement doux, on s'y sent comme dans un cocon, alors on avance. Même si on va passer quelques moments difficiles, à l'instar de Tsukuru, on ne veut pas quitter ce morceau de vie qui nous est conté. On va parler de la mort, du passé, de comment on vit avec, de comment on avance, de comment on se (re)construit. Et surtout, surtout, on va parler d'amitié. 

Du genre qui forge, mais qui peut aussi détruire. Du chagrin d'amitié qui est souvent plus dur à encaisser que le chagrin d'amour. Et tout ça avec une poésie indéniable. 
On rencontre Tsukuru alors qu'il est adulte, et relativement avancé dans cette étape de sa vie. Son adolescence commence à être assez lointaine, mais elle l'a marquée avec une force et une violence incroyable. Lui qui se sent incolore (un joli mot pour dire inutile), dès le départ, on est au jus : les gens qui l'entourent sont des couleurs, pas seulement du fait des noms qu'ils portent, mais parce que ce sont eux qui colorent sa vie. Et c'est une très jolie métaphore.

Il lui faudra donc bien des années de pèlerinage, et pas mal de courage, pour se trouver et comprendre finalement comment les autres le voient / l'ont vu.
Apparté : ma seule incompréhension face à Tsukuru reste cette passion pour les gares. Sérieusement, les trains, je peux comprendre. Mais les gares ?! Même pas les gens dans les gares, hein, juste les gares. Personnellement, je n'ai jamais trouvé d'apaisement à aller traîner à Gare du Nord, c'était même plutôt l'angoisse, mais chacun son truc !
Au final, ma seule déception reste la toute fin, mais ma foi, on ne peut pas réussir à combattre tous ses démons ! J'aurais aimé que Tsukuru puisse se suffire à lui-même, ou en tout cas, qu'il comprenne sa valeur en tant qu'individu et qu'elle ne dépende pas systématiquement des gens qui l'entourent et auxquels il tient. Si son évolution est indéniable (et si j'ai adoré la suite), cet homme a toujours besoin d'être conforté par l'amour et l'estime de ceux qui l'entourent. 

Ma lecture en un GIF : 



- Le style
- La poésie
- Les thématiques abordées
- La quête de Tsukuru de manière générale

- La toute toute fin


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jeudi 22 février 2018

TBTL #57 - Addiction

BettieRose a lancé ce RDV pour parler d'une lecture que le thème nous évoque, histoire de pouvoir (re)parler de bouquins qui nous ont marqué et qui passent vite à la trappe avec le flot de nouveautés. Vous pouvez retrouver les liens sur son blog !


 
Une fois n'est pas coutume, j'ai décidé de détourner un peu le thème de la semaine. Faut savoir qu'interprété littéralement, il m'inspirait assez. L'addiction, la dépendance, ce sont des thématiques que j'aime bien retrouver en littérature. Ado, je me suis enfilée L'herbe bleue et Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée notamment, et ce sont clairement des ouvrages qui ont marqué ma vie de lectrice. J'ai encore dans ma PAL des bouquins du comme Junky ou Trainspotting qui me font très très envie. 
Mais ce n'est pas la première chose qui m'est venue en tête à la lecture du thème.
Celle qui m'est venue en tête, puisqu'on est sur un blog extrêmement orienté littérature, c'est de savoir quel bouquin m'avait, moi, rendue complètement accro. Et je vais donc parler d'un livre qui a beaucoup fait parler, qu'on croise encore régulièrement, et qui m'a littéralement fait passer une ou deux nuits blanches tellement j'étais happée. Je l'ai lu bien avant la création de ce blog, donc vous n'en trouverez pas de chronique complète, mais je ne peux que vous encourager, si ce n'est déjà fait, à découvrir Joël Dicker de manière générale et plus particulièrement La vérité sur l'affaire Harry Quebert
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Ce livre mêle bien des intrigues et alterne entre passé et présent. Un jeune écrivain à succès, confronté au syndrome de la page blanche, apprend que son mentor et ami (le fameux Harry Quebert) est accusé du meurtre d'une jeune fille qui a eu lieu un trentaine d'années plus tôt. On va donc suivre son enquête personnelle pour faire innocenter (ou pas) son ami, se replonger dans le passé mais aussi réfléchir à bien des thématiques comme l'amour, l'amitié, la littérature (et d'autres que je ne mentionne pas histoire de ne pas spoiler (je suis une gentille personne)). L'action peut mettre un peu de temps à s'installer, mais arrivé à la moitié du livre, il y a de bonnes chances pour que vous ne le lâchiez plus ! Ca a été mon cas, et en le refermant, j'étais non seulement bluffée par la qualité de ce qui ressemble à un thriller sans en être tout à fait un, mais aussi par l'âge de l'auteur (et sa bogossité) : à peine deux ans de plus que moi. Inutile de dire que c'est un écrivain que je suis de près aujourd'hui encore ! 

mardi 20 février 2018

Ce qui nous lie


Ce qui nous lie de Samantha Bailly

Milady, 2013, 283 p.

Romance, Fantastique

Alice a un don. Les liens entre les individus lui apparaissent sous forme de fils lumineux. Un phénomène inexplicable qu’elle a appris à dissimuler... et à utiliser pour démasquer les hommes infidèles et venger les femmes trompées. Mais au fond, Alice aspire à retrouver une vie «normale», celle du bureau, des collègues et des relations simples. Son nouveau job dans un cabinet de recrutement semble lui offrir tout cela, et plus encore.
Parmi les personnalités variées qui cohabitent dans l’open space, elle rencontre Raphaël, chasseur de têtes et de cœurs, un homme inaccessible qui ne la laisse pas indifférente. Le seul dont Alice n’arrive pas à percevoir les liens.
Après avoir lu quelques livres de l'autrice, je finis par m'en procurer une bonne partie sans trop me poser de questions, même s'ils ne correspondent a priori pas aux genres que j'apprécie le plus. En l'occurrence, la romance. Bon, il y a quand même un aspect fantastique visiblement important, me dis-je en l'achetant, je pars donc du principe qu'avec la plume de Samantha Bailly, ça peut donner quelque chose d'intéressant. Je suis curieuse.

On part d'une idée très chouette avec une demoiselle qui a un pouvoir assez farfelu : elle voit les liens qui unissent les gens, elle voit leur force, leur éventuelle réciprocité. Cela rend sa vie avec les autres assez complexe, évidemment. D'autant que suite à une déception amoureuse, elle se lance dans une entreprise vengeresse à l'encontre des hommes infidèles. Puis vient le moment où elle doit commencer un véritable travail. Elle se rend alors compte qu'elle ne voit pas le liens qui unissent Raphaël, son nouveau boss, aux autres.
On va donc commencer par les choses qui m'ont fâchée. (c'est une façon de parler, j'étais pas vraiment fâchée, hein)

lundi 19 février 2018

C'est Lundi, que lisez-vous #91

Comme chacun sait, je pense, on retrouve tous les liens chez Galleane qui a repris ce RDV d'un blog anglophone.


On répond comme chaque Lundi à trois petites questions :

1. Qu'ai-je lu la semaine passée ? 


Premier coup de cœur de l'année pour Le gang des rêves de Luca di Fulvio, qui a absolument tout pour vous mettre une bonne grosse claque et devenir un classique de la littérature américaine !
American Gods de Neil Gaiman a été une sacrée (c'est le cas de le dire, huhu !) claque, j'ai très envie de découvrir la série, l'auteur m'a amenée là où je ne m'y serais pas attendue, et comme d'habitude avec lui, on a en prime plein de messages subliminaux. 
Le dernier jardin, tome 1 - Éphémère de Lauren DeStefano était plutôt cool, mais pas lu au milieu de lectures faites pour le mettre en valeur... 

2. Que suis-je en train de lire en ce moment ?

 


J'ai commencé en audio Couleurs de l'incendie de Pierre Lemaître (sans avoir lu Au revoir là-haut, parce que j'ai le goût du risque) que j'aime beaucoup pour le moment (en plus, c'est lu par l'auteur, et j'adore l'humour qu'il instille dans sa façon de raconter son roman !) 
J'ai aussi commencé le nouveau roman d'Aurélie Valognes Au petit bonheur la chance ! qui m'attendrit beaucoup moins que Mémé dans les orties pour le moment.
   

3. Que vais-je lire ensuite ?

On se calme, j'ai fait beaucoup trop d'annonces ces dernières semaines, et une chose est claire : mon rythme de lecture a diminué. Beaucoup. Donc je vais déjà essayer de finir mes lectures en cours !
Mais, bon, j'attends une réponse pour une LC depuis une semaine concernant le tome 1 de La quête d'Ewilan, il est fort probable que je finisse par le lire toute seule !

4. Blabla

Déjà, vos retours (en commentaires ou en privé) sur mon article spécial jeu de société m'a vraiment motivée, donc merci ! J'en prépare un nouveau pour cette semaine (si j'ai le temps, parce que grosse semaine, et gros week-end surtout !). Puisqu'on est dans le thème, je serai ce week-end au festival du jeu à Cannes, peut-être samedi soir pour la nocturne, et dimanche dès l'ouverture en tout cas. J'essaierai du coup de vous faire un petit compte-rendu, et si vous passez par là-bas, faites-le moi savoir, ça serait chouette :)
Comme chaque année, mon cher et tendre et moi-même nous avons dignement fêté la Saint-Valentin en ne se rendant même pas compte du jour (enfin, jusqu'à ce que j'aille sur Twitter) et franchement : je m'en tamponne le coquillard avec une pelle à gâteaux. Par contre, on s'est fait un petit week-end en famille bien sympathique, qui a été l'occasion d'emmener notre Paupiette dans un aquarium. Vu qu'elle kiffe les poissons, il a fallu la déloger de la vitre de chaque aquarium à coup de pied dans le fondement avec fermeté mais tout le monde s'est régalé (et y avait des requins les gars. Je trouve ça dingue, moi. Je suis fascinée par ces bestioles.)

Et vous, vous avez lu / fait quoi ?

samedi 17 février 2018

Agatha Raisin mène l'enquête, tome 1 - La quiche fatale


Agatha Raisin mène l'enquête, tome 1 - La quiche fatale de MC Beaton

(originellement paru en 1992)

Albin Michel, 2016, 320 p.

Traduit par Esther Ménévis

Policier, Humour


Sur un coup de tête, Agatha Raisin décide de quitter Londres pour goûter aux délices d'une retraite anticipée dans un paisible village des Costwolds, où elle ne tarde pas à s'ennuyer ferme. Afficher ses talents de cordon-bleu au concours de cuisine de la paroisse devrait forcément la rendre populaire. Mais à la première bouchée de sa superbe quiche, l'arbitre de la compétition s'effondre et Agatha doit révéler l'amère vérité : elle a acheté la quiche fatale chez un traiteur. Pour se disculper, une seule solution : mettre la main à la pâte et démasquer elle-même l'assassin.

Je commence à rédiger cette chronique et je l'admets volontiers : le doute m'assaille.
Je ne sais plus si j'ai aimé ou non. J'ai oscillé entre de francs sourires et un attachement un peu agacé envers l'héroïne et quelques soupirs d'ennui. Je doute, donc.
Viens, on va essayer de démêler tout ça !

jeudi 15 février 2018

TBTL #56 - Histoires d'amour

BettieRose a lancé ce RDV pour parler d'une lecture que le thème nous évoque, histoire de pouvoir (re)parler de bouquins qui nous ont marqué et qui passent vite à la trappe avec le flot de nouveautés. Vous pouvez retrouver les liens sur son blog !


 
SI vous me connaissez un peu, vous savez une chose à mon sujet : je ne cours pas après les romances, loin de là. En plus, je trouve souvent les couvertures bien moches / kitschouilles. Par contre, il m'arrive d'en lire, histoire de voir si mes goûts n'évoluent pas (genre, quand j'étais petite, je détestais les épinards, alors que maintenant, c'est quasiment mon légume chouchou) (la salade d'épinards, c'est le bien) (oui, je m'égare). Bon, ben à ce jour ce n'est pas le cas. Ceci dit, je n'ai pas un cœur de pierre, et une histoire d'amour bien écrite peut me prendre au tripes. Je vous ai rebattu les oreilles maintes et maintes fois avec Belle du Seigneur, mais plus récemment, j'ai lu une petite pépite qui a fait partie de mes coups de cœur de l'an dernier.
Du coup, aujourd'hui, on va causer histoire d'amour. Une histoire d'amour dans un contexte bien particulier et entre des personnes bien particulières. Bienvenue dans l'Amérique des années 60, dans une petite banlieue résidentielle bien comme il faut. Bienvenue dans le voisinage de Billie et Eva, toutes deux sagement mariées et mères au foyer. Bienvenue dans Mémoire d'elles
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Mémoire d'elles, c'est une histoire d'amour bouleversante. 
Si le roman aborde l'amour entre deux femmes, mariées et mères de famille chacune de leur côté, il va surtout parler de tout ce qu'il y a autour. La société bien-pensante de l'époque, les commérage, mais aussi des thèmes durs sur lesquels je ne vais pas m'étendre histoire de ne pas spoiler cette histoire tout bonnement magnifique.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que Billie et Eva sont très courageuses. Elles vont essayer de toutes leurs forces de se donner une chance, alors même qu'elles savent pertinemment que leur histoire ne peut pas durer sur le long terme. Pas à cette époque, pas avec la vie qu'elles ont, pas avec les enfants qu'elles aiment et ne veulent pas perdre. 
Je ne sais pas trop comment vous donner davantage envie de le lire, mais moi qui ne cède à aucune romance, je peux vous dire que celle-ci m'a chamboulée, et que ça va bien au-delà d'une histoire d'amour rendue compliquée par son contexte. 


mardi 13 février 2018

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates



Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows

10/18, coll. domaine étranger 2015, 410 p.

Traduit par Aline Azoulay

Épistolaire, Historique


Janvier 1946. Londres se relève douloureusement des drames de la Seconde Guerre mondiale et Juliet, jeune écrivaine anglaise, est à la recherche du sujet de son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu, un natif de l'île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis - un monde insoupçonné, délicieusement excentrique. Celui d'un club de lecture créé pendant la guerre pour échapper aux foudres d'une patrouille allemande un soir où, bravant le couvre-feu, ses membres venaient de déguster un cochon grillé (et une tourte aux épluchures de patates...) délices bien évidemment strictement prohibés par l'occupant. Jamais à court d'imagination, le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates déborde de charme, de drôlerie, de tendresse, d'humanité Juliet est conquise. Peu à peu, elle élargit sa correspondance avec plusieurs membres du Cercle et même d'autres habitants de Guernesey , découvrant l'histoire de l'île, les goûts (littéraires et autres) de chacun, l'impact de l'Occupation allemande sur leurs vies... Jusqu'au jour où elle comprend qu'elle tient avec le Cercle le sujet de son prochain roman. Alors elle répond à l'invitation chaleureuse de ses nouveaux amis et se rend à Guernesey. Ce qu'elle va trouver là-bas changera sa vie à jamais.


Je lis bien peu de romans épistolaires. Pourtant, j'ai un très bon a priori dessus, la preuve en est. Ce qui est particulièrement réussi avec celui-ci, c'est que malgré sa forme, il nous plonge complètement et irrémédiablement dans l'intrigue (voire, les intrigues...) et les relations entre les différents personnages. Du coup, de base, et sans avancer plus que ça dans ma chronique, j'ai envie de dire : chapeau les autrices ! 
Bon, on va du coup parler très rapidement et brièvement des petites choses qui peuvent éventuellement fâcher un lecteur qui le découvrirait maintenant, après ne avoir entendu parler absolument partout, et toujours en termes élogieux. En se faisant tirer les oreilles pour ne pas l'avoir lu avant parce que c'est la référence ultime en terme de récit épistolaire moderne. Et on va faire genre ce lecteur c'est moi.