samedi 31 mars 2018

Le livre des Baltimore


Le livre des Baltimore de Joël Dicker

audio : Audiolib, 2017, 872 mn

Lu par Thibault de Montalembert

poche : Editions de Fallois, 2017, 593 p.

Contemporaine

Jusqu'au jour du Drame, il y avait deux familles Goldman. Les Goldman-de-Baltimore et les Goldman-de-Montclair. Les Goldman-de-Montclair, dont est issu Marcus Goldman, l'auteur de La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert, sont une famille de la classe moyenne, habitant une petite maison à Montclair, dans le New Jersey. Les Goldman-de-Baltimore sont une famille prospère à qui tout sourit, vivant dans une luxueuse maison d'une banlieue riche de Baltimore, à qui Marcus vouait une admiration sans borne. Huit ans après le Drame, c'est l'histoire de sa famille que Marcus Goldman décide cette fois de raconter, lorsqu'en février 2012, il quitte l'hiver new-yorkais pour la chaleur tropicale de Boca Raton, en Floride, où il vient s'atteler à son prochain roman. Au gré des souvenirs de sa jeunesse, Marcus revient sur la vie et le destin des Goldman-de-Baltimore et la fascination qu'il éprouva jadis pour cette famille de l'Amérique huppée, entre les vacances à Miami, la maison de vacances dans les Hamptons et les frasques dans les écoles privées. Mais les années passent et le vernis des Baltimore s'effrite à mesure que le Drame se profile. Jusqu'au jour où tout bascule. Et cette question qui hante Marcus depuis : qu'est-il vraiment arrivé aux Goldman-de-Baltimore ?


Il y a quelques années, j'avais eu un énorme coup de cœur pour La vérité sur l'affaire Harry Québert. Il m'a valu quelques nuits blanches tant j'étais prise par l'intrigue et tant la plume de l'auteur m'avait conquise. Ensuite, je l'ai offert à la moitié de ma famille. Chose très rare, en le finissant, je m'étais renseignée sur l'auteur, pour trouver d'autres romans à lire. Là, j'avais boudé, rapport que le monsieur, il a genre 2 ans de plus que moi et il était donc capable d'écrire un truc pareil à 26 ans et j'ai mouru de jalousie.

Bref, quand Le livre des Baltimore est sorti, ben j'avais bien envie de le découvrir, mais en même temps, j'avais très peur de trouver ça un peu nul en comparaison de la claque et de l'amour que j'avais ressenti pour son précédent roman.
Mais j'avais aussi bien envie de prendre des nouvelles de l'ami Marcus.

Au final, certes, ce livre n'a pas eu le même effet de page-turner, d'urgence à lire mêlé au "je-veux-pas-que-ça-s'arrête", mais j'ai retrouvé bien des ingrédients qui m'avaient plu.
Marcus, donc, entre autres. C'était le héros / enquêteur du livre précédent (qui peut être lu tout à fait indépendamment, aucune allusion ni spoil dans celui-ci). Et cette fois-ci, c'est sur son propre passé et sa propre famille qu'on se penche. On retrouve d'ailleurs ce sentiment d'admiration, voire même de vénération qu'il éprouvait pour Harry, cette fois à destination de son oncle, sa tante et ses cousins, leur argent, mais surtout l'aura de réussite qui les entoure quoiqu'ils entreprennent.
C'est une histoire d'amitié fusionnelle entre cousins, de ce qui fait une famille, de ce qu'on fait par amour pour celle-ci, de ce qu'on lui sacrifie.

Mais pas que.
Ego, amour, ambition, succès, vérité, confiance... et leurs contraires : autant de thèmes que chacun des personnages va porter à sa façon. Tout le monde, même ceux qui semblent pourtant frôler la perfection, a quelque chose à prouver, quelque chose à faire mieux, quelque chose d'insatisfait. Tous sont attachants, et les anecdotes et dialogues plus vrais que nature ajoutent encore au charisme que l'auteur sait donner à ses personnages. Tous sont aussi parfois détestables, dans ce que l'humanité peut avoir de sentiments bas, de désirs de vengeance, de colère, d'orgueil.
Malgré ça, on les suit, avides, on veut comprendre ce Drame, on croise les doigts pour eux, on leur souhaite le meilleur.
On retrouve dans ce livre cette alternance entre le passé de l'enfance et de l'adolescence de Marcus et le présent de narration, une alternance que l'auteur manie à la perfection. S'il ne s'agit cette fois-ci pas d'une enquête, Marcus redéroulant le fil de l'histoire de sa famille, on veut néanmoins la comprendre. Et c'est là que vraiment, le talent de l'auteur s'exprime pleinement : il entretient le suspense, mais ne donne pour autant pas l'impression que la façon dont les souvenirs apparaissent dans le récit soit factice. D'ailleurs, Marcus va lui-même découvrir quelques vérités sur sa famille avec le recul et l'aide de son amour de l'époque.

Avec ce livre aussi, j'ai beaucoup aimé les réflexions de Marcus sur la littérature et son métier d'écrivain. Les scènes avec son voisin qui se découvre des velléités d'écriture étaient de vrais bons moments, avec de l'humour dedans.
Bon, après, on ne va pas se mentir, il y a quand même des défauts dans ce livre, tout comme il y en avait dans le précédent roman. 
Stylistiquement parlant, l'auteur aime bien alterner entre le cliché (surtout au début, mais comme c'est vu par un enfant à l'époque, moi je dis, ça passe) et certaines formulations presque pédantes. Mais j'ai lu bien pire, et l'important, c'est quand même que ça fonctionne. On ne le lâche pas, ce livre, boudiou !
Mon petit regret concernerait quand même les mécaniques du récit qui se ressemblent, tout comme les thématiques abordées. 
Ceci dit, c'est bien fichu, et comme je l'ai dit : on ne lâche pas ce livre, boudiou !
Nul doute : après cette lecture que je repars pleinement confiante en la plume de l'auteur et que je lirai dès que je peux son nouveau roman tout juste paru.
Ma lecture en un GIF : 

- Le côté addictif
- Les thématiques
- Les personnages


- Quelques redondances avec son précédent roman
- Un peu en dents de scie en terme de style


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jeudi 29 mars 2018

TBTL #61 - Diversité

BettieRose a lancé ce RDV pour parler d'une lecture que le thème nous évoque, histoire de pouvoir (re)parler de bouquins qui nous ont marqué et qui passent vite à la trappe avec le flot de nouveautés. Vous pouvez retrouver les liens sur son blog !

 
Pour le coup, j'étais bien bien inspirée pour le thème de cette semaine. J'ai pas mal de bouquins en stock qui auraient collé, rapport que je fais de plus en plus attention à ce que je lis sur ce plan-là. Et puis, je pense que les auteurs sont de plus en plus nombreux à proposer d'autres visions de la société que celui du héros / prince charmant / hétéro / beau gosse / intelligent. Que ce soit en terme d'origines ethniques, sociales, religieuses, de sexualité ou simplement de physique, on trouve de plus en plus de diversité dans les romans et c'est un truc que je salue bien bas. 
 Mais je dois avouer qu'une de mes lectures récentes fait un sacré combo de tout ça. On va causer racisme, discrimination, féminisme, sexualité (hétéro, homo, bi) mais aussi questions de genres, de classes sociales, de religions. C'est un portrait de la société pas forcément plaisant qui est dressé, mais très juste. Et tout ça à travers la destinée de Vernon Subutex.
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Bobos satisfaits, ex porn-star qui cherche à rebondir, veuve, musiciens ratés, drogués, pseudo-réalisateur, clodos... Autant de protagonistes différents qui vont aborder avec cynisme ou naïveté des thèmes différents avec une voix bien propre. Comme souvent avec Despentes, ça va causer drogues, musique, art de manière générale, petite bourgeoisie, sexe, féminisme et son pendant le machisme, racisme ordinaire et assumé, parentalité, vieillissement, genre et identité, etc.
Certains propos seront révoltants, mais mêmes ceux-là seront tenus par des gens tellement humains, tellement crédibles qu'on pourrait s'engueuler avec dans la vraie vie. Certains propos attendrissants de naïveté, au point qu'on lèvera les yeux au ciel avec un petit sourire. D'autres seront cyniques et acides, et c'est souvent eux qui feront le plus mouche.
 

mardi 27 mars 2018

Le monde selon Britt-Marie


Merci à Mazarine et Babelio !!!

Le monde selon Britt-Marie de Fredrik Backman

Mazarine, 2018, 397 p.

Traduit par Laurence Mennerich

Contemporaine


Britt-Marie, 63 ans, n’est absolument pas passive-agressive. C’est juste que la crasse, les griffures et les tiroirs à couverts rangés n’importe comment la font hurler intérieurement. Elle sort tout juste d’un mariage et d’une vie de femme au foyer qui ont duré quarante ans, et le seul travail qu’elle ait pu dégoter la conduit à Borg, un village frappé par la crise qui s’étire le long d’une route où tout est fermé, en dehors d’une pizzeria qui empeste la bière. Britt-Marie déteste le football, or il ne reste rien d’autre à Borg. Voilà qui ne présage pas grand-chose de bon.
Mais quand les enfants de l’équipe du village ont si désespérément besoin d’un coach qu’ils sont prêts à confier le boulot à n’importe qui, que Britt-Marie ne soit ni compétente, ni volontaire n'empêche personne de la recruter! Et quand, sur ces entrefaites, Britt-Marie accepte l’invitation à dîner d’un policier et se fracture la main dans un solarium, elle ne peut plus faire machine arrière.

J'aime beaucoup Fredrik Backman. Il m'a offert un coup de cœur intersidéral, des moments de rires, de tendresse, d'émotions où j'avais les larmes aux yeux, des personnages adorables, des grincheux, des détestables. Des personnages justes et réalistes. Des histoires qui pourraient se passer juste à côté de chez moi, dans lesquelles il réussit à introduire cette touche de fantaisie, d'humour qui le caractérise et qui rend ce qu'il écrit unique.
Du coup, ben quand on m'a sélectionnée pour une masse critique privilégiée, non seulement j'ai sauté de joie, mais j'étais l'impatience faite femme. Rien qu'au titre du bouquin.
Parce que Britt-Marie, on l'avait déjà rencontrée dans Ma grand-mère vous passe le bonjour. Et ce n'était clairement pas le personnage charismatique du livre. Alors, un roman qui tourne autour de cette femme maniaque, carrée, un peu aigrie par moments à l'histoire personnelle compliquée, avec le talent de l'auteur pour rendre ses personnages adorables  ? Évidemment, je signe direct net.
Je ne vous le cache pas, ce n'était quand même pas sans appréhension. L'ombre de mes précédentes lectures planait dangereusement sur celle-ci, et en plus, cette histoire de foot, ça m'emballait moyen, rapport que je suis aussi fan de foot qu'une marmotte peut l'être de chasse à courre. 

lundi 26 mars 2018

C'est Lundi, que lisez-vous ? #96

Comme chacun sait, je pense, on retrouve tous les liens chez Galleane qui a repris ce RDV d'un blog anglophone.


On répond comme chaque Lundi à trois petites questions :

1. Qu'ai-je lu la semaine passée ? 
 
Les attaques de la boulangerie d'Haruki Murakami sont 2 nouvelles assez courtes. Pour être honnête, je n'ai pas spécialement adoré (d'ailleurs, je ne le chroniquerai pas, parce que c'est très court et je ne saurai pas quoi en dire), mais c'est le format qui marche rarement avec moi... Par contre, l'édition et les illustrations sont magnifiques !
Comme je m'en doutais la semaine dernière, j'ai abandonné Phobos. Je lui reconnais des qualités addictives, mais ça n'aura pas suffi à compenser les défauts pour moi : un méchant bien trop méchant, une héroïne rousse (parce que visiblement, sa couleur de cheveux est d'une importance ca-pi-ta-le), une héroïne (encore elle) qui d'un côté a des élans d'intelligence, mais de l'autre revient complètement sur ses pas en terme de réflexion. Bref, je n'ai pas adhéré, je ne me suis pas attachée. C'est ma deuxième déception avec l'auteur, alors je pense que lui et moi, on n'était pas faits pour se rencontrer.
Gros moment de plaisir par contre avec Fredrik Backman une nouvelle fois grâce à son nouveau roman Le monde selon Britt-Marie. C'est drôle, frais, intelligent, mais ça fait aussi réfléchir. Et j'ai beaucoup aimé retrouver ce personnage de Ma grand-mère vous passe le bonjour ! On en reparle très vite.
Filles de la mer de Mary Lynn Bracht a été une découverte pleine d'émotions. À travers un pan de l'Histoire dont ne ne connaissais vraiment pas grand-chose, l'autrice dresse deux portraits de femmes fortes, bien qu'elles soient aussi victimes, et j'ai adoré les suivre. Là encore, on en reparle très vite.

2. Que suis-je en train de lire en ce moment ?
 
 
Coupez ! de Cameron McCabe est toujours en pause. Il est clair que j'ai la flemme de le reprendre du début, surtout que je me suis  lancée dans des lectures qui m'enthousiasment un peu plus. Mais cette fois, promis, je le finis cette semaine (ou je l'abandonne, tant pis).
J'ai tout juste reçu (et donc tout juste commencé) Goodbye, Loretta de Shawn Vestal. Immersion dans les années 70, dans le midwest américain et dans la société mormone. Dépaysement en perspective, pour le moment, je me régale (en même temps que je suis outrée par le destin de ladite Loretta).
Je suis aussi en pleine lecture du tome 2 de L'amie prodigieuse : Le nouveau nom d'Elena Ferrante. Lila est toujours aussi étrange et fascinante et désagréable, mais les pages se tournent toutes seules. 
   
3. Que vais-je lire ensuite ?

Je dois recevoir un livre en Masse Critique privilégiée. De la dystopie YA, avec moi, ça passe ou ça casse, croisons les doigts.

4. Blabla

Semaine de l'enfer. Et du caca. Après la gastro familiale (je suis tellement déçue de l'avoir évité tout l'hiver alors que je bosse avec des enfants, et de me l'être chopée par ma propre progéniture) du week-end dernier, Paupiette a continué à être en vrac toute la semaine. Et au boulot, un jeune homme a décidé de se faire volontairement dessus parce qu'on l'avait contrarié en lui demandant de manger, diablesses que nous sommes. Bref, on  était en sortie à 40km de là, inutile de vous préciser que ce fut un moment plein de bonheur, de paillettes et de licornes. 
Cette semaine est finie, et vous l'aurez compris, je n'en suis pas mécontente !

Et vous, vous avez lu / fait quoi ?

samedi 24 mars 2018

Les petites reines


Les petites reines de Clémentine Beauvais

audio : Audiolib,2017, 375 mn

Lu par Rachel Arditi

Sarbacane, 2015, 270 p.

Contemporaine, Jeunesse


À cause de leur physique ingrat, Mireille, Astrid et Hakima ont gagné le « concours de boudins » de leur collège de Bourg-en-Bresse. Les trois découvrent alors que leurs destins s’entrecroisent en une date et un lieu précis : Paris, l’Élysée, le 14 juillet. L’été des « trois Boudins » est donc tout tracé : destination la fameuse garden-party de l’Élysée !!! Et tant qu’à monter à Paris, autant le faire à vélo – comme vendeuses ambulantes de boudin, tiens ! Ce qu’elles n’avaient pas prévu, c’est que leur périple attire l’attention des médias… jusqu’à ce qu’elles deviennent célèbres !!! Entre galères, disputes, rigolades et remises en question, les trois filles dévalent les routes de France, dévorent ses fromages, s’invitent dans ses châteaux et ses bals au fil de leur odyssée. En vie, vraiment.


J'étais tranquillement en train de faire des petites croix de maîtresse d'école à côté de mes chroniques réalisées quand je me suis rendue compte d'un truc. Je n'avais pas chroniqué Les petites reines de Clémentine Beauvais. Lu au mois d'août.
Non, mais je crois que vous ne réalisez pas le drame de la situation : je n'ai PAS chroniqué LES PETITES REINES. Plus de 6 mois APRES.
J'vous jure, parfois, j'ai envie de m'auto-baffer.
Bref, réparons cette injustice, et partons à l'assaut de la capitale avec Mireille et ses copines boudins grâce au livre qu'on aurait tout.e.s voulu lire quand on avait 14 ans, de l'acné, des complexes par centaines et pas le sens de la répartie de notre personnage principal.
Mireille, Astrid et Hakima sont des boudins. Et comme leur collège regorge de gens sympathiques, elles sont même classées. Sur Facebook. 
On fait un petit coucou au harcèlement scolaire.
Mireille encaisse, elle a l'habitude, elle est même presque vexée de s'être faite détrôner de la place de boudin d'or cette année. Mireille, elle a une carapace plus épaisse que de la peau de dinosaure. Vu que ce petit jeu dure depuis des années, elle s'est blindée, pas le choix.
On refait coucou au harcèlement scolaire et à l'incompétence des profs et autres encadrants.

vendredi 23 mars 2018

Pour que je sois la dernière


Merci à Fayard et NetGalley

Pour que je sois la dernière de Nadia Murad

Fayard, coll. Documents, 2018, 392 p.

Traduit par Odile Demange

Témoignage


La vie de Nadia Murad a basculé le 15 octobre 2014, lorsque les djihadistes de Daech sont entrés dans le petit village de Kocho, en Irak. Ce jour-là, après avoir rassemblé tous les habitants de cette communauté yézidie dans l’école, les terroristes les ont méthodiquement tués ou kidnappés. L’horreur avait été programmée : les hommes qui refusaient de se convertir à l’islam devaient rejoindre dans les fosses les femmes jugées trop vieilles pour servir. Et parmi elles, la mère de Nadia Murad.
La jeune Yézidie est emmenée à Mossoul avec des milliers d’autres jeunes fi lles pour y être vendue. Servante, esclave sexuelle, elle devient la prisonnière de combattants de l’État islamique, jusqu’à sa fuite miraculeuse, grâce à l’aide d’une famille irakienne sunnite.
Nadia Murad, meurtrie par la disparition de tant des siens et par ce qu’elle a subi, vit aujourd’hui en Allemagne. Malgré les humiliations, elle a décidé de prendre la plume pour tout raconter. Pas pour elle, puisqu’il est déjà trop tard, mais pour tous les Yézidis et pour toutes les autres femmes victimes de violences.
Aujourd’hui, Nadia Murad n’a qu’un seul souhait : « Être la dernière fille au monde à avoir à raconter une histoire pareille. »
Ce livre est son histoire.


Vu le thème abordé et le fait qu'il s'agit d'un témoignage, vous comprendrez bien qu'il ne m'est pas possible de rédiger un "avis", une "chronique" et encore moins une "critique". 
Je peux parler de ce livre, je peux donner mon sentiment de lecture, je peux espérer vous donner envie de le découvrir, parce que c'est un témoignage important. Mais je me retrouve bien embêtée, parce que c'est compliqué. Je n'ai pas envie de ne pas rendre justice à ce qu'il faut de force et de courage pour relater cette expérience tragique qu'a vécu Nadia Murad. 
Pas de GIF dans cet article, pas de "lol", pas de marrade, pas de jeux de mots foireux, donc. Un peu de sobriété et de retenue pour aborder ce qu'il se passe dans notre monde à nous, sûrement encore en ce moment même et dont on parle bien trop peu.
Nadia Murad avait une vie, avant. Pauvre, certes, mais pleine de joie de vivre, de promesses d'avenir, d'espoirs, de rêves. Elle avait une famille, unie, soudée, des amis. Elle faisait partie d'une communauté solidaire, qui essayait de vivre en harmonie avec ses voisins au mépris des différences de culture. 
Puis Daesh est arrivé.
Les habitants de son village ont été parqués, tués, vendus, torturés, violés, utilisés, battus. Objectifiés. Assassinés, même pour ceux qui restaient. Quand on est réduits à moins qu'un animal, moins qu'une plante verte, est-ce qu'on est encore vivant ?
Nadia Murad ne fait pas dans le voyeurisme, dans le sensationnel. Elle s'en est sortie, elle a eu de la chance. Mais la culpabilité du survivant hante chacun de ses mots. La culpabilité de la victime aussi. Quand elle se reproche de ne pas s'être débattue davantage, de ne pas avoir crié, frappé, mordu, impossible de ne pas se remplir d'empathie. Chacun réagit comme il peut, et essayer de se retrancher dans une partie de soi qui demeure inaccessible à l'extérieur est une manière de se défendre aussi valable qu'une autre, et pas forcément moins efficace.
Mon cœur s'est serré plus d'une fois à la lecture de ce texte, parce que je sais que c'est arrivé. Ce n'est pas de la fiction, même si ça pourrait ressembler à ce que n'importe laquelle de ces dystopies qui traîne dans votre bibliothèque dénonce.
Vous n'aurez pas le détail de ce que cette jeune femme a pu vivre de glauque, de scabreux. Vous aurez un témoignage sobre et sans fioritures. Un de ceux qui marque et qui révolte. 
J'espère que vous le lirez. Que ce texte sera partagé, qu'il fera du bruit et qu'il sera un véritable coup de poing dans la figure pour chacun de ses lecteurs. Mais surtout qu'il participera à ce que notre monde change un petit peu.

Ma lecture en un GIF : 


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jeudi 22 mars 2018

TBTL #60 - Famille

BettieRose a lancé ce RDV pour parler d'une lecture que le thème nous évoque, histoire de pouvoir (re)parler de bouquins qui nous ont marqué et qui passent vite à la trappe avec le flot de nouveautés. Vous pouvez retrouver les liens sur son blog !

 
Figurez-vous que le thème de la semaine m'inspirait à peu près à 0%. Déjà, j'aime pas trop jardiner. En plus, j'ai clairement pas la main verte. Notez que j'ai réussi à faire crever un yucca qui avait vécu 5 belles années. Là, j'ai UNE plante verte, ça fait presque un an, et à mon avis elle prend des amphétamines en cachette pour survivre.
Bref, "Printemps et Jardinage", ça fait tout joyeux et tout guilleret, mais moi j'arrive en mode Schtroumpf Grognon et je viens vous plomber l'ambiance avec mes gros sabots. NA !
 Bah ouais, parce que figurez-vous que le jardinage, l'agriculture, la vie, quoi, dans l'Irlande du milieu du  XIXè siècle, bah c'est pas la joie. Et quand je dis "pas la joie", ça veut dire qu'on est quand même en mode famine, quoi. Du coup, on va rencontrer Eileen dans le premier tome d'une saga familiale irlandaise, et dans des circonstances pas particulièrement joviales puisqu'entre la faim, la maladie, les rébellions et ces saligauds d'anglais qui font rien qu'à vouloir être les rois du monde, c'est un peu compliqué d'être guilleret. (est-ce que j'ai choisi ce livre pour ce thème juste parce que les patates pourrissent ? OUI !)

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Eileen, l'héroïne, a 15 ans. Eileen est une fille de fermiers et sa famille va prendre de plein fouet la famine de 1845, la maladie et le politique menée en Irlande au cours de ces années-là. Vous n'aimez pas les drames,  les pertes et préférez les histoires où les petits oiseaux gazouillent ? Passez votre chemin. Eileen va en baver. Elle va devoir être courageuse, brave, dure. Elle va beaucoup grandir, parce qu'elle va beaucoup perdre. C'est une héroïne attachante, on la comprend, d'autant plus qu'elle reste humaine. Son but, c'est avant tout de protéger aux mieux sa vie et les siens. 
Alors, on ne va pas avoir affaire à l'héroïne classique qu'on voit souvent (en particulier en YA) qui va se rebeller contre un système injuste et mener tout une communauté à la victoire par la force de ses idées. On va simplement suivre une ado, qui a des valeurs mais n'est pas prête à tout sacrifier en leur nom. Au contraire, elle peut s'avouer vaincue. Elle veut pouvoir continuer à se regarder dans une glace - on va d'ailleurs beaucoup parler de la fierté des Irlandais - mais elle veut surtout vivre. Et elle fera ce qu'il faut pour ça.

mardi 20 mars 2018

L'appel sauvage - Le classique du mois

L'Appel sauvage de Jack London


1ère publication : 1905


mon édition :Audiolib, 2017, 3h44, lu par Jean Reno


Traduit par Frédéric Klein


Classique, Nature Writing

Merci à Audiolib !

Je n'avais jamais lu de Jack London en version intégrale. Et avec cette fin d'hiver, et la promesse d'une lecture faite par Jean Reno, je pense qu'il est inutile de préciser que j'étais hypeeeeeer enthousiaste ! En plus, il faut bien que j'avoue qu'il s'agissait d'un des rares romans de Jack London dont je ne connaissais pas le pitch.

Admiré par tous et choyé par son maître, le chien Buck n'a vraiment pas de raison de se méfier des humains. Un homme va pourtant l'arracher à son foyer ; un autre va lui enseigner la dure loi du plus fort. Devenu chien de traîneau, Buck découvre la violence, le goût du sang. Des rivalités déchirent la meute dont il fait maintenant partie. Alors que Buck s'éloigne de la civilisation, une voix venue de la forêt éveille dans sa mémoire l'appel de la nature, puissant, irrésistible...
Je dois bien l'avouer, si j'aime les animaux, je me contrecarre en général de les retrouver dans les livres que je lis. Une des raisons pour lesquelles j'aime lire, c'est pour voyager dans la psychologie des personnages, en découvrir plus sur la matière humaine en général. Bref, le récit complet du point de vue du chien, ça ne me faisait pas tellement rêver. J'étais ouverte à l'idée d'avoir une bonne surprise, mais vraiment sans pression.
 Mais il faut dire que dès les premières lignes, l'auteur arrive à nous embarquer. Et son ton entre l'humour, le rythme et la maîtrise de son intrigue donne tout de suite envie. Bon, je te sens sceptique ami lecteur, donc je te montre :

lundi 19 mars 2018

C'est Lundi, que lisez-vous ? #95

Comme chacun sait, je pense, on retrouve tous les liens chez Galleane qui a repris ce RDV d'un blog anglophone.


On répond comme chaque Lundi à trois petites questions :

1. Qu'ai-je lu la semaine passée ? 
Je n'avais jamais lu de Jack London en version intégrale, et cette première découverte avec L'Appel sauvage (ou l'Appel de la forêt selon les traductions), est une réussite ! On en reparle pas plus tard que demain.
La saga de L'Epouvanteur est toujours aussi chouette, et le tome 4 n'a pas dérogé à la règle. J'ai peut-être préféré les thématiques du tome précédent, mais j'ai quand même passé un super moment.

2. Que suis-je en train de lire en ce moment ?
 
 
Coupez ! de Cameron McCabe est toujours en pause. Il est clair que j'ai la flemme de le reprendre du début, mais en même temps, comme c'est un SP, je n'ai pas envie de le faire traîner trop longtemps.
J'ai eu la chance (et le grand grand plaisir) d'être sélectionnée pour découvrir le nouveau roman de Fredrik Backman, un auteur que j'aime tout particulièrement : Le monde selon Britt-Marie. Il met en scène un personnage que j'avais déjà croisé dans Ma grand-mère vous passe le bonjour et pour le moment, j'adore !
Je découvre aussi avec force circonspection la série Phobos, en version audio que j'ai pu emprunter en médiathèque. Je comprends le succès, c'est hyper-addictif. Mais clairement, je sais déjà sans être arrivée à la moitié du livre que je ne lirai pas la suite et que j'aurai pas mal de points négatifs à soulever dans ma chronique. Désolée pour les fans. 
Je découvre aussi un livre passionnant et émouvant de Mary Lynn Bracht : Filles de la mer. Je pense que je ne sortirai pas indemne de cette lecture !

   
3. Que vais-je lire ensuite ?

Je vais vite me plonger dans Les attaques de la boulangerie de Haruki Murakami puisqu'il s'agit d'un emprunt médiathèque. Mais je ne ferai pas attendre très longtemps La belle sauvage de Philip Pullman que j'ai acquis tout récemment.

4. Blabla

La reprise du boulot s'est faite en douceur puisque c'était ma petite semaine. J'appréhende beaucoup plus la semaine prochaine, entre l'absence une journée de la nounou de Paupiette, ma "grosse" semaine et cette fatigue dont je n'arrive pas à me débarrasser, je sens que ça va être folklorique ! Heureusement, j'ai plein d'articles d'avance sur le blog, du coup, je devrais ne pas avoir à m'en préoccuper et profiter de mes rares moments de temps libre pour lire et DORMIR !

Et vous, vous avez lu / fait quoi ?